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Votre SSTI Drôme Ardèche

horaires atypiques

Définition

Les risques liés au travail en horaires atypiques sont engendrés par la réalisation d’une activité professionnelle à des horaires en décalage, voire en opposition, avec les rythmes chrono-biologiques humains.


Les deux principales organisations de travail considérées par la suite comme horaires atypiques sont le travail de nuit et le travail en équipe successives alternantes (travail posté).


Le travail de nuit est communément défini comme le travail effectué entre 21 heures et 6 heures du matin. Le statut de travailleur de nuit concernera les salariés effectuant une durée minimale de travail dans la plage horaire citée ci-dessus (pour plus d’information sur le cadre réglementaire entourant le travail de nuit consulter la rubrique réglementation).


Le travail en équipes successives alternantes, dénommé par la suite travail posté, est défini comme « tout mode d’organisation du travail en équipe selon lequel des travailleurs sont occupés successivement sur les mêmes postes de travail, selon un certain rythme, y compris rotatif, de type continu ou discontinu, entraînant pour les travailleurs la nécessité d’accomplir un travail à des heures différentes sur une période donnée de jours ou de semaines » (1)

Impacts sur la santé

Les principaux troubles, les principales pathologies liées au travail de nuit et/ou au travail posté sont les suivants :


  • Diminution de la durée quotidienne de sommeil (1 à 2h par nuit) (2) et sommeil diurne moins réparateur (5) susceptibles d’engendrer une somnolence pendant les périodes d’éveil et une dette chronique de sommeil à somnolence, diminution des facultés cognitives, augmentation importante du risque de survenue d’accident du travail (risque x2) (2) et du trajet (2) (4), notamment des accidents mortels (6), privation de sommeil chronique. En ce qui concerne les accidents de trajet l’aller pour la prise de poste du matin et le retour après le poste de nuit sont les deux déplacements les plus accidentogènes (4).
lien-risque-accident-trajet-travail-de-nuit

Impact du travail de nuit sur les performances lors de la conduite

Performance cognitives, risque d'accidents et travail en horaires atypiques

RR-accident-nuit
  • Survenue de cancers : augmentation de la probabilité de survenue de cancer du sein (risque multiplié par 1,5) pour les travailleurs de nuit. Le risque augmente avec la durée d’exposition au travail de nuit (2). Suspicion d’augmentation du risque de survenue de cancers colorectaux et de la prostate. Le travail posté incluant un poste de nuit a été classé comme cancérogène probable chez l’homme par le Centre International de Recherche contre le Cancer (CIRC) (3). L'exposition nocturne à la lumière bloquerait la synthèse d'une hormone, la mélatonine, induisant une perturbation des mécanismes anticancéreux. Cette exposition serait également responsable de la dérégulation de certains gènes pouvant aboutir à la formation de cellules cancéreuses (3).


  • Perturbations de la gestation : augmentation du risque d’avortements spontanés (risque multiplié par 1,5), d’accouchement prématuré (risque multiplié par 1,2), de retard de croissance intra-utérin (risque multiplié par 1,1) (2).


  • Troubles cardiovasculaires et nutritionnels : augmentation du risque de maladies cardiovasculaires (risque multiplié par 1,4), du risque d’hypertension artérielle (risque multiplié par 1,2), du diabète de type 2, non insulinodépendant (risque multiplié par 1,3) (2).


  • Troubles digestifs : augmentation modérée du risque d’ulcères gastriques et de symptômes digestifs (nausées, troubles du transit, douleurs abdominales, brûlure épigastrique…) (2) (4).


  • Troubles psychiatriques : augmentation modérée du risque de dépression (2) (4).

Situations dangereuses

  • Travail de nuit,
  • Travail en 2*8
  • Travail en 3*8, 5*8….

Statistiques

En France 41% des salariés travaillent de nuit dans les services, 31% dans le secteur public, 21% dans l’industrie. Ces chiffres sont plus élevés que la moyenne des pays de l’Union Européenne qui plafonne à 19% de salariés travaillant la nuit (4).


  • En 2010 14% des salariés sont en travail posté. Ils étaient 12% en 2003 (4).




(1) Directive 2003/88/CE du parlement Européen et du Conseil du 4 novembre 2003 concernant certains aspects de l'aménagement du temps de travail
(2) Recommandation de bonnes pratiques, surveillance médico-professionnelle des travailleurs postés et/ou de nuit, Haute Autorité de Santé (HAS), 2012.
(3) International Agency for Research on cancer (IARC), World Health Organization (WHO), monograph on the Evaluation of carcinogenic risks to humans, volume 98, Painting, Firefighting, and, Shiftwork, 2010
(4) C. Rousseau et al, point de connaissance sur les horaires de travail atypiques, Institut national de Recherche et de Sécurité (INRS), ED5023, 2013
(5) A. Bonnefond et al, a critical review of techniques aiming at enhancing and sustaining worker’s alertness during the night shift, Industrial health, 2004.
(6): T Aerkersted et al, a prospective study of fatal occupational accidents, relationship to sleeping difficulties and occupational factors European Sleep Research Society, 2002