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Votre SSTI Drôme Ardèche

Horaires atypiques

mesures de prévention

Plusieurs mesures organisationnelles, techniques ou individuelles permettent de réduire les risques inhérents au travail posté et au travail de nuit. Les principales sont les suivantes :

  • Adopter un sens de rotation horaire : matin à après midi à soir (4)

Un rythme avec rotation lente antihoraire induit une augmentation significative du niveau de somnolence, de la difficulté d’endormissement lors du coucher matinal, de la prise de somnifères chez les salariés concernés comparés aux salariés travaillant en rythme rapide avec rotation horaire (2) (14).


  • Privilégier les rotations entre 2 et 3 jours

Ce mode de rotation permet de limiter la désynchronisation des rythmes circadiens, limitant ainsi les conséquences sur le sommeil et la santé (1) (14). Il semble également limiter l’intensité de la dette chronique de sommeil et favorise le lien social dans un cadre privé (11). Il permet également de réduire le risque de survenu d’accidents professionnels (13)

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Risque relatif à la survenue d'accidents

nombre de poste de nuit consécutif

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Risque relatif à la survenue d'accidents

Durée du poste

  • Augmenter le niveau d’éclairement artificiel de la zone principale de travail en début de poste

Cette mesure vise à la fois à améliorer le niveau de vigilance et les facultés cognitives des opérateurs durant leur poste nocturne et à améliorer la qualité de leur sommeil diurne (endormissement, structure du sommeil…) (3) (4). Les niveaux d’éclairement requis sont importants, variant entre 2000 et 10000 lux (4) (9). A l’inverse il convient de limiter l’exposition à la lumière en fin de poste afin de faciliter le sommeil lors du coucher matinal (4). Les deux mesures ci-dessus peuvent être couplées avec le port durant le poste de nuit et/ le trajet de retour au domicile de lunettes munies de filtres spéciaux visant à empêcher la suppression du pic nocturne d’une hormone, la mélatonine, importante vis-à-vis de la synchronisation des rythmes circadiens (9) (12).

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  • Permettre et favoriser la pratique d’une courte sieste encadrée durant le poste de nuit

Permettre aux salariés, notamment durant le poste de nuit, de réaliser une courte sieste, de durée <30 minutes (10-20min), est une mesure efficace pour améliorer les performances cognitives (5) (7), réduire les troubles de la vigilance (5) (14), diminuer la somnolence et réduire la dette chronique de sommeil (4).


40% des salariés japonais pratique une courte sieste durant leur poste de nuit (4). La mise en place de ce type d’organisation est largement plébiscitée par les salariés. Son efficacité est cependant largement corrélée à son acceptation et sa valorisation par les différents niveaux d’encadrement (4) (7).

Les phénomènes d’hypovigilance suivant une sieste sont excessivement réduits si la durée de cette dernière est <30 min. Les performances cognitives évaluées immédiatement après la fin d’une courte sieste durant des postes de nuit sont semblables à celles observés en l’absence de sieste (5). Ces performances s’améliorent ensuite significativement plus ont s’éloigne du réveil (4). La pratique d’une courte sieste durant un poste de nuit ne nuit pas à la qualité du sommeil diurne (4) (5) (6). Un lieu doit être dédié à la prise de courtes siestes (local, fauteuils, faible niveau sonore, faible éclairement…) (6) (7).


Un réveil doit systématiquement être utilisé au risque de voir le sommeil perdurer et induire au réveil une baisse sensible et durable des facultés cognitives. La durée minimale de pause permettant la réalisation d’une courte sieste encadrée a été évaluée à environ 30 minute (7). Plus cette durée est élevée, plus la probabilité qu’une courte sieste encadrée soit réellement effectuée augmente (7).

  • Organiser la réalisation des tâches les plus complexes durant le premier tiers du poste de nuit

Cette mesure vise à conserver des tâches moins sollicitantes, moins dangereuses, associées à moins d’enjeux, pour le reste du poste, là où les facultés cognitives sont plus basses et le risque de survenue d’accident plus élevé (3).


  • Assurer une diversité des tâches

L’alternance de tâches aux implications cognitives, biomécaniques différentes, toute les 1h30 à 2h00 est un moyen de réduire la baisse du niveau de vigilance, associée à une augmentation du risque accidentel (3)

  • Faire débuter le poste du matin le plus tardivement possible (idéalement à partir de 6h00) (4) (14)

Cette mesure est nécessaire pour préserver une partie du sommeil paradoxal, sommeil nécessaire à la récupération des facultés cognitives. La perturbation des facultés cognitives est directement liée à une augmentation du risque d’accidents du travail et du trajet, une augmentation des erreurs au poste de travail, une diminution de la vigilance.

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  • Favoriser des modes de transports collectifs afin de réduire le risque d’accident du trajet

Ce risque est notamment élevé lors de la prise de poste du matin et le retour après le poste de nuit (4).


  • Raccourcir la durée du poste du matin (très accidentogène) au dépend du poste d’après midi mieux toléré (1)


  • Favoriser la régularité et la prévisibilité des rythmes de travail (4)


  • Associer de manière effective les salariés de l’entreprise vis-à-vis des discussions sur les rythmes de travail (rotations, horaires de début et fin de poste…)

Cette étape est cruciale afin de mettre en ouvre au sein de l’entreprise un ou plusieurs rythmes de travail les moins délétères vis-à-vis de la santé des salariés et du bon fonctionnement de l’entreprise (4) (7) (8)

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  • Autre mesures

Une prise unique de caféine/théine sous forme d’un café/thé en début de poste augmente les performances cognitives et le niveau de vigilance au travail. Son impact direct vis-à-vis de la réduction du risque de survenue d’accident n’a toutefois pas été démontré (3) (4). L’ingestion de café/thé en milieu ou fin de poste de nuit est par contre susceptible de perturber grandement l’endormissement lors du coucher matinal (3).

(1) : Chronobiologie et horaires décalés, centre de conseil et de documentation, Institut de Santé au Travail Nord de la France (ISTNF), 2009
(2) : A. Adam et al, effet des horaires de travail postés et de nuit sur la qualité du sommeil, la vigilance et la qualité de vie, étude interrégionale Franco-Allemande, Archives des Maladies Professionnelles et Environnementales, Elsevier-Masson, 2007
(3): A. Bonnefond et al, a critical review of techniques aiming at enhancing and sustaining worker’s alertness during the night shift, Industrial health, 2004
(4) : Recommandation de bonnes pratiques, surveillance médico-professionnelle des travailleurs postés et/ou de nuit, Haute Autorité de Santé (HAS), 2012
(5): M. Sallinen et al, promoting alertness with a short nap during a night shift, European Sleep Research Society, 1998
(6): M.T.Purnell et al, the impact of a nap opportunity during the night shift on the performance and alertness of 12-h shift workers, European Sleep Research Society, 2002
(7): H. Takeyama, T. Kubo, T. Itani, the nighttime nap strategies for improving night shift, work in workplace, Industrial health, 2005
(8): C. Rousseau et al, point de connaissance sur les horaires de travail atypiques, Institut national de Recherche et de Sécurité (INRS), ED5023, 2013
(9: L. Kayumov et al, blocking Low-Wavelength Light prevents nocturnal melatonin suppression with no adverse effect on performance during simulated shift work, The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 2005.
(10): C. Gronfier, le rôle et les effets physiologiques de la lumière : sommeil et horloge biologique dans le travail de nuit et poste, Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, Elsevier-Masson, 2009.
(11): P. Knauth, S. Horneberger, peventive and compensatory measures for shift workers, Occupational Medicine, Oxford University Press, 2003.
(12): C. Lee et al, a compromise phase position for permanent night shift workers: circadian phase after two night shifts with scheduled sleep and light/dark exposure, chronobiology international, 2006.
(13): S. Folkard, P. Tucker, Shift work, safety and productivity, Occupational Medicine, Oxford University Press, 2003.
(14): T. Aekerstedt, Shift work and disturbed sleep/wakefulness, Occupational Medicine, Oxford University Press, 2003.