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Votre SSTI Drôme Ardèche

risque chimique

évaluation des risques

Un risque est réglementairement défini en France comme la combinaison d’un danger et d’une exposition.


La gravité des effets des produits chimiques sur la santé (dangerosité), dépend de plusieurs paramètres, notamment leur niveau de toxicité, leur nature (solide, liquide, gaz), la ou les voies de pénétration dans l’organisme (respiratoire, cutané, digestive), la fréquence et la durée d’exposition...


Ces effets peuvent apparaitre suite à une brève et unique exposition. On parlera alors d’effets immédiats ou de toxicité aigüe : irritation des yeux, brûlure cutanée, perte de connaissance, arrêt cardiorespiratoire….


Ces effets peuvent également apparaitre après des expositions répétées, même à des niveaux faibles voire excessivement faibles : asthme, eczéma, fibrose pulmonaire, cancer, troubles de la fertilité…. On parlera alors d’effets différés ou de toxicité chronique.


Il est capital de garder en mémoire que les effets associés à l’exposition à certains produits chimiques apparaissent au-delà d’un seuil d’exposition : une certaine quantité de produit, une certaine dose est nécessaire pour produire un effet (ex : monoxyde de carbone et perte de connaissance, éthanol et irritation de voies aériennes supérieures). A l’inverse certains produits n’ont pas de seuil d’action. Toute exposition est alors par définition susceptible d’induire le dommage redouté (1). Ce mécanisme d’action sans seuil concerne notamment un nombre important d’agents chimiques cancérogènes (2) et certains composés neurotoxiques comme le plomb (1) ou le manganèse (5)…

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FDS


Les principales données permettant d’estimer la dangerosité d’un produit chimique sont contenues dans la Fiche de Données de Sécurité (FDS).

Pour en savoir plus sur les Fiches de Données de Sécurité (FDS)


Les informations à collecter en priorité au niveau de la FDS sont les suivantes :


  • Les phrases de risque R ou H présentes en rubriques 2 ou 3,

  • Les informations sur les composés présents dans la préparation en rubriques 2 ou 3,

  • les pictogrammes en rubriques 2 ou 3,

  • Les Valeurs Limite d’Exposition Professionnelle (VLEP) et mesures de protection collectives et individuelles présentes en rubrique 8.


Deux systèmes européens de classification, d’emballage et d’étiquetage des produits vont coexister en France jusqu’en janvier 2015 :

  • Le système préexistant pour les substances et préparations dangereuses, encadré par 2 directives européennes (67/548/CEE et 1999/45/CE) transposées en droit français.

  • Le nouveau système dit règlement CLP (CE n° 1272/2008 « classification, labelling and packaging ») qui remplace progressivement ce système préexistant.

VLEP
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Le nouveau système (règlement CLP) a introduit de nouveaux pictogrammes, de nouvelles classes de danger, de nouvelles étiquettes… Les phrases de risque R ont notamment été remplacées par des mentions de danger H (« hasard statement» en anglais, H + 3 chiffres) et les conseils de prudence S par des mentions de mise en garde (« Precautionary statement » en anglais, P + 3 chiffres)


A noter que les médicaments humains, vétérinaires, les cosmétiques, les additifs alimentaires, les produits radioactifs… ne sont concernés par aucun des deux systèmes de classement listés ci-dessus (3).


Apprendre à décrypter les nouveaux pictogrammes de danger


L’absence de classification ou d’étiquetage ne signifie pas l’absence de dangers. En effet un mélange contenant une substance dangereuse, par exemple sensibilisant (allergisant) par inhalation, en concentration inférieure au seuil de classification (1% dans le cas présent) ne sera pas classé comme sensibilisant par inhalation (4).

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En savoir plus sur les règles de classification des mélanges


Pour les agents chimiques dangereux ne possédant pas de FDS, telles les fumées de soudage, poussières de bois, farine… l’estimation de la dangerosité repose sur l’utilisation d’outils d’assistance à l’évaluation des risques chimiques (voir outil STDC), une discussion avec le médecin du travail, des recherches sur certaines bases de données, certains sites d’institutionnels ….


L’exposition est principalement liée :


  • aux caractéristiques physicochimiques des composés chimiques, notamment leur volatilité

  • aux procédés de travail mis en œuvre, notamment aux caractéristiques d’émissivité des différentes opérations réalisées ;

  • à l’efficacité des dispositifs de captage local présents ;

  • à l’efficacité des protections individuelles respiratoires et cutanées utilisées;


Plusieurs méthodes, outils permettent d’assister à l’évaluation des risques chimiques : approche systémique (méthodes MOSAR, HAZOP…), modélisation, métrologies atmosphériques, biométrologies, méthodes par niveaux de risques….


En fonction du matériel utilisé les métrologies atmosphériques peuvent donner des résultats moyennés sur toute la durée du poste de travail ou en continue, afin de dresser un profil d’exposition et de relier les tâches de travail aux concentrations atmosphériques en polluants.


Votre service de santé au travail a créé un outil d’assistance à l’évaluation des risques chimiques par niveaux de risques. Ce dernier est disponible sur demande.

Exemple de profil d’exposition à des vapeurs de solvants au sein d’une imprimerie. Le détecteur utilisé (PID) a notamment permis d’étudier et d’attester l’efficacité de la mise en place de mesures de réduction des risques (courbe bleue)

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resultat-evaluation-risque-chimique

Capture écran d’une partie de l’outil d’assistance à l’évaluation du risque chimique crée par STDC

(1) : http://www.inrs.fr/accueil/risques/chimiques/dangers-produits.html, site visité le 15/07/2013

(2): Cancer, approche méthodologique du lien avec l’environnement, une expertise collective, dossier de presse, Institut national de Santé et de la Recherche Médicale (INSERM), 2005.

(3) : F.Testud, toxicologie médicale professionnelle et environnementale, éditions Eska 2012.

(4) : A. Mardirossian, la fiche de données de sécurité, un document riche d’informations, essentiel pour la prévention du risque chimique, Institut National de Recherche et Sécurité (INRS), ED 954, 2012.

(5): F. Taube, manganese in occupational arc welding fumes, aspects on physiochemical properties, with focus on solubility, annals of occupational hygiene, vol 57, 2013.